Phnom Penh

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14/03/2014 - Pays : Cambodge - Imprimer ce message Syndication :
14 mars 2014
Phnom Penh, Cambodge
Okay Guesthouse (16 $, clim incluse)

Nota : Renée a pris des vidéos avec sa petite machine I-pod. Malheureusement, pour des raisons techniques, nous ne pouvons pas mettre les vidéos sur notre blogue. Toutefois, pour les facebookeux, vous pouvez les voir sur les pages Facebook  de Renée. Ça vaut la peine de quémander son amitié sur Facebook. Certaines vidéos sont très évocatrices. Elle ne refusera aucune demande d'amitié, surtout si vous offrez une contribution en $ US....

* Cinq heures de mini-bus nous emmènent de Battambang à la capitale Phnom Penh. C'est très rapide. Mais le chauffeur était un danger public pour tous ceux qui partageaient la route en même temps que lui, particulièrement les motos. Mais nous sommes sains et saufs. Arrivée dans une grande ville à la chaleur étouffante mais à l'ambiance sereine. Les Cambodgiens sont vraiment smooths, paisibles, très souriants, pacifiques. Ils ont le sens de l'humour, ce que j'apprécie beaucoup. La circulation est assez civilisée dans cette grande ville. Ce qui impressionne beaucoup, ce sont les carrefours où deux grands boulevards se croisent. Pas de feux de circulation. Tout le monde fait attention et attend patiemment son tour et ça passe sans anicroche. La rage au volant n'existe pas ici. Tout à fait bouddhiste comme attitude.

J'avais dit au début du voyage que l'un de mes souhaits étaient de fouler le sol où l`histoire s'est vécue. Deux sites liés au régime communiste de Pol Pot (1975 à 79) sont sur la liste des incontournables. Nous hélons un tuk-tuk sur le bord de la rue pour qu'il nous emmène au Mémorial du génocide de Choeunk Ek. Le film «Killing Fields» est d'ailleurs l'histoire de ce site sordide. Il n'y a pas tant à voir durant la visite. Seulement l'évocation de ce qui y s'est déroulé nous rend malheureux. La ride de tuk-tuk pour s'y rendre est mémorable. En fait, le tuk-tuk est plus un pout-pout. Pas une grosse cylindrée. Le dossier du chauffeur et les rétroviseurs sont cassés. Ça du millage cet affaire-là. Le chauffeur n'a pas l'air d'être trop habitué d'aller là. Il emprunte la route normale.... qui est en réparations majeures. On en a mangé de la poussière et de l'exhaust de truck à attendre en ligne. À un moment donné, un dix-roues de chaque côté de nous et un autre en avant avec son tuyau de pet direct dans notre face. On se sentait tout tout petit. On finit par sortir de la route en réparation à un carrefour où nous tournons à gauche. On quitte enfin cette maudite route. On fait 200 m et ça re-bouchonne tabarnak. À un moment donné, nous devons monter une petite pente raide de 10 pieds. Le pout-pout vire de d'sour et ne réussira pas à monter. Renée et moi on saute à l'extérieur et on pousse le bazou jusqu'en haut. Simonak......

Retour aux choses sérieuses dans l'histoire. Pol Pot voulait instaurer un régime communiste parfait au Cambodge pour chasser les capitalistes et matérialistes. Au programme : plus aucune monnaie en circulation, les dettes (envers les riches bien entendu) sont effacées pour tous; dorénavant, il n'y aura plus que deux classes sociales : les travailleurs d'usine et les paysans (il oubliait la classe dirigeante avec ses privilèges). Et il voulait l'instaurer vite son projet de fou. Appuyés par la Chine, les Khmers rouges prennent Phnom Penh par la force. Ils décrètent l'An zéro. Pol Pot vide la ville pour déporter les citadins vers leurs villages d'origine et pour travailler à la production agricole. Il fait tuer tous les opposants et ceux qui sont du «vieux pays» et qui pourraient contester sa révolution : fonctionnaires, enseignants, soldats, avocats, ingénieurs, etc. Tout ceux et celles qui avaient de l'instruction et ceux qui travaillaient sous l'ancien régime étaient condamnés à mort sans appel. Méchant projet de fou. Ceux qui portaient des lunettes étaient considérés comme des intellectuels et devaient être éliminés. Le Cambodge comptait huit millions d'habitants à cette époque. On estime que le régime en a éliminé entre deux et trois millions en quatre ans, femmes, vieillards et enfants inclus. La torture et la méchanceté gratuite étaient la manière des Khmers rouges. Et je vous fais grâce de certains détails. Le programme politique le plus radical de l'histoire, probablement.

Les Killing Fields étaient l'endroit où les milliers de personnes devant être tuées dans les alentours de Phnom Penh étaient emmenés par camion depuis une prison du centre de la ville (on y reviendra). Ils ne survivaient pas au lendemain. Il y avait des fosses communes partout. Tués à coups de bâton et de hache, puis poussés dans la fosse, morts ou non. Jour 2 à Phnom Penh, visite de l'autre élément de base de la clique à Pol Pot : la prison S.21 au coeur de la ville. Pol Pot a réquisitionné une grande école secondaire du centre pour y emménager une prison. Ceux et celles qui entraient là étaient battus et torturés, pour avouer des fautes jamais commises. Ils avouaient seulement pour mettre fin aux tortures.  Malgré tout cela, ils subissaient une triste fin aux Killing Fields décrits plus haut. C'est fou ce que ce peuple au tempérament doux s'est fait entrer au travers de la gorge.

Une dernière chose : on a vu de la pauvreté depuis notre arrivée en Asie. À Phnom Penh, nous avons vu de la misère.
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Par Suzanne
le 14/03/2014 à 16:01:52
Bonjour à vous deux.
Ah! quel reportage! Difficile à lire sans que les larmes viennent aux yeux. Impossible de lire cela sans ressentir une grande compassion pour tout ce peuple ainsi traité.
Merci de nous faire part de ce que vous avez dû vivre aussi en voyant ces horreurs du passé. Comment les gens du pays considèrent-ils encore ces lieux? - Bon retour dans les beautés de la nature!
Par Renée
le 15/03/2014 à 00:44:49
Bonjour Suzanne,
En fait, ces lieux sont tŕes importants pour les Cambodgiens. Ça garde ce douloureux souvenir bien vivant pour ne jamais oublier. Et ce ne sont pas des lieux visites par les étrangers seulement. Beaucoup de monde ici à de la famille qui a été prise la-dedans.
Renée 945491
Par guill
le 15/03/2014 à 16:06:42
Trop ému, sans commentaire.
Par Guy Lavallée
le 11/04/2014 à 03:36:45
Quel reportage digne de Radio Canada ! Merci de nous commenter cette malheureuse page d\'histoire de l\'Humanité. Quelle tristesse !

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Renée & Jean-Pierre

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